Pour un monde meilleur !

Par chris StJames. Pour les savants, c'est pour dans pas longtemps, ça va péter aussi sûr que deux et deux font quatre, et l'important n'est pas de savoir "si" ça va arriver mais "quand". Que faire du temps qu'il nous reste pour changer l'inéluctable ?

11/01/07

Ma chronique sur Oulala.net

banniereoulala

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06/01/07

L'ultime regard

Ainsi je suis né dans un monde qui va disparaître. Je n'y croyais pas mais tout est bien éphémère. Les paillettes dorées de ma civilisation vont être recouvertes d'un grand manteau de neige ou de sable, peut-être bien même des deux à a fois. Je n'aurai connu ni la grande Guerre ni la mort sous les drapeaux, je n'ai pas eu faim ni froid, j'ai grandi et grossi aussi bien qu'il était possible de le faire sur cette planète, à mon époque. Je ne suis ni riche ni pauvre, ni connu ni délaissé, et je vis dans la charnière d'un temps où il fait encore bon vivre, mais pas pour longtemps. Car ce que l'on me promet c'est tout simplement la fin de mon monde, juste l'Apocalypse. Tout ce que je connais de ces terres sur lesquelles mes ancêtres ont tracé leur chemin ne sera bientôt plus, on parle d'au maximum dans deux décennies. Je me croyais éternel. Dans cette surabondance de façade rien ne pouvait m'être enlevé, d'ailleurs tous mes biens sont précieusement enfermés dans mon intérieur, quelle dérision, que rien ne pouvait atteindre à part un tsunami, il viendra, une tempête à tout casser, elle arrive, le vide des rayons alimentaires, je le verrai. Et j'ai fait des enfants qui seront aux premières loges, tristes témoins des millions de morts qui vont s'amonceller aux quatre coins de la planète, peut-être bien même disparus eux-mêmes dans le dernier déluge. Par les cieux, par les eaux, par la terre, par le feu, tout y est, Terre me promet mille supplices que Stephen King n'aurait jamais osé projeter sur nos écrans omnipotents. Voilà, c'est fini. C'est pas pour tout de suite bien sûr, j'ai peut-être même le temps de me racheter, et puis le ciel est encore bleu et les oiseaux continuent à chanter, mais c'est pour dans pas longtemps, d'ailleurs j'suis déjà condamné. J'ai beau me dire que de toute façon faut bien mourir de quelque chose, j'aurais vraiment préféré du fond de mon coeur que ce soit dans la nuit étoilée d'une terre pacifiée et toute verte. Me viennent quelques larmes... J'ai comme l'impression d'être assis au bord du monde et de lui dire au-revoir. Ma dernière danse s'approche, monde je t'aimais. 

Chronique parue sur Oulala.net

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Et que fait la police ?

On déplore aujourd'hui près de 3000 agressions publicitaires par citadin de grande ville. Le chiffre est si colossal que je me suis juré de rester le regard rivé sur le bitume, les fleurs quand il y en a, les troncs d'arbre cerclés de fer blanc, l'eau qui dégouline dans le caniveau, la grise mine des passants. J'ai depuis longtemps des rêves de verts soutenus dans de grands pots de peinture jaune, comme une envie d'originel qui me prend et me grise quand sur les panneaux 4x4 défile la bêtise des slogans illuminés. J'sens qu'ça va pas tarder mon grand départ, même si c'est une fuite. J'assume. J'en peux plus de ce qu'on me force à prendre, je ne veux plus être manipulé, brinqueballé dans des désirs que je n'avais pas et qui maintenant me taraudent. Si je reste ici, je continuerai à gober leurs produits trafiqués. Je continuerai à croire que mon bonheur est dans la consommation, je continuerai à m'oublier au profit du gadget dernier-cri qui me rappelle à quel point ma vie n'a aucun sens dans une telle société. J'ai envie d'espace et d'air pur. Comme tout le monde. Ca va pas tarder, c'est sûr, j'ai fait un voeu.

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03/01/07

Toute une éducation à refaire

L’éducation parentale est une matière que l’on devrait enseigner obligatoirement dans les lycées, on éviterait ainsi bien des erreurs dues à l’inexpérience, aux projections pertubatrices, à la post-adolescence de la plupart des couples qui font un enfant, à un trop plein de passion qui peut engendrer le pire quand on perd le sens des conséquences de ses actes. Je serai même favorable à un diplôme. Si. On n’a des enfants que si on sait comment ça marche, comment s’y prendre, pour éviter de faire des dégats qui auraient facilement pu être évités. En plus, je suis sûr que ça soignerait les parents potentiels. Mais on me crucifierait sur la place publique si j’émettais sur les ondes le début de l’idée.

Pourtant on apprend bien à élever un chien, on se renseigne dans les bouquins, comment ça marche, ce que ça aime, et quand on s’y intéresse de près, conscient que l’on a une vie dans les mains, comme de la pate à modeler que l’on va façonner pour obtenir le meilleur résultat soit une autonomie heureuse, on apprend plein de choses qu’on ne savait pas et qui facilitent la vie. Il y a certes toute une littérature sur l’art d’élever des enfants mais combien la lisent ? Et combien comprennent que pour donner le meilleur de soi il faut d’abord l’avoir trouvé en soi, donner vierge de sa propre éducation qui pollue sans cesse le présent, guéri de ses blessures.

Au vu des résultats catastrophiques de l’apprentissage sur le tas, je ne crois pas délirant d’imposer une telle matière, au même titre que "savoir communiquer" ou "règles essentielles pour bien vivre".

La psychologie est la voie de la sagesse et notre avenir à tous, car tout va mieux quand on va bien. Avec une éducation qui prenne en compte la relation humaine avec le même sérieux qu’elle affiche à propos de maths, il est absolument certain que notre monde irait rapidement mieux. Sans conflits, qui commencent tous dans nos têtes, sans exception, il n’y a pas de guerre. Tous les tyrans ont d’abord été des enfants capables d’aimer et d’être aimés. C’est la qualité et la quantité de cet amour qui fait d’eux des bourreaux et de nous des victimes.

L’Age d’Or de l’humanité commencera quand on apprendra à aimer dès la maternelle.

P.S J’appelerai cette école : l’Ecole de l’Amour ou la Trainée de Poudre.

Qui est capable d’élever un enfant ? A part quelques rares exceptions, qui a conscience de la portée de ses actes, de ses mots, de son ton, quand il s’occupe d’un petit d’homme ? Qui sait tout ce qu’il se passe dans sa tête ?

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30/12/06

J'suis triste mais pas malheureux

J'suis triste, normal, tout ne va pas bien dans le monde où je vis. J'suis triste de ce qu'il se passe, de la folie des hommes, pas des femmes, mon dieu fais qu'elles reprennent vite le pouvoir. J'suis triste de tous ces morts que je vois sur mon écran. Je ne les connais pas, ni d'Eve ni d'Adam, mais je les ai vus, ils font désormais partie de moi, ils sont de ma tribu. Je vois toujours le regard de cette petite fille qui s'enfonce dans la boue sans espoir de retour. Je vois sa mort arriver comme elle l'a vue, d'un peu plus près bien sûr, elle était aux premières loges, moi derrière la caméra à mesurer sa souffrance, sans pouvoir lever un petit doigt, juste à espérer qu'elle ait une mort rapide, sans vouloir penser à l'inéluctable dénouement de ce long travelling, sa mort étouffée. J'suis souvent triste parce que ça ne marche pas comme il faut et parce que c'est tout simple pour que tout aille mieux. Il suffirait juste de taire nos egos démesurés, de faire peau neuve pour repartir plein d'amour pour la terre et ceux qui l'habitent. C'est pas plus difficile que ça. Et dire que tout vient de nos enfances... Dire qu'un petit bonhomme maltraité s'est transformé en Hitler, tout ça parce qu'il n'a pas eu l'amour auquel il pensait avoir droit. Ressentiments, rancoeurs et rancunes créent une drôle de réalité sur notre terre. Alors j'suis triste de savoir que c'est tout simple et de ne rien pouvoir y faire, juste de lancer quelques mots pour toucher des coeurs que je ne connais pas mais qui me connaissent... Faut que ça change, faut que ça cesse tout ça, et on y peut tous quelque chose. C'est pour ça que je suis triste mais pas malheureux.

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15/11/06

Abolir la prison

" Une cause nationale à ne pas négliger " Robert Badinter

PARIS (Reuters) – " Un manifeste soutenu par de nombreuses personnalités et des organisations de gauche demande aux candidats à l'élection présidentielle de 2007 une profonde réforme de l'univers des prisons françaises, dont l'état est jugé unanimement dramatique. Ce document, publié mardi, fait suite à un long processus baptisé "États généraux de la condition pénitentiaire" conduit par l'Organisation internationale des prisons (OIP) à partir notamment d'une consultation de 20.000 détenus et personnels du monde pénitentiaire cet été. "

Aujourd'hui, encore, la prison n'est donc pas un purgatoire mais un enfer. Aucun salut à chercher, il s'agit bien d'une punition, non expiatoire.

Après la peine de mort, " nouvel Hulot des droits de l'homme " selon Frédéric Beigbeder, l'ancien ministre de la Justice socialiste Robert Badinter repart au créneau : " il faut y recourir le plus rarement possible ". Les 57 612 prisonniers actuellement incarcérés, dont un tiers souffrirait de maladies psychiatriques tant les conditions sont effroyables, ont droit au respect de leur dignité : " un détenu demeure titulaire de ses droits fondamentaux et doit pouvoir les exercer ". Aujourd'hui, nous lui montrons en l'enfermant qu'il n'en a plus aucun. Et tout irait bien s'ils ne devaient en sortir un jour, dégoûtés et sans espoir. Foyer de récidive, la prison fabrique ainsi des délinquants. Qui en effet ne péterait pas les plombs après quelques mois dans un tel enfer hanté des pires démons, missionnaires intégristes, trafiquants, maffieux et autres pervers ?

Robert Badinter remonte à cheval, il est donc temps de nous pencher sur une grosse verrue bien embêtante, qui défigure notre réputation de chantres des droits de l'homme. Jusqu'où punir nos criminels ? La prison est-elle la seule solution ? Que faire d'eux ? Leur laisse-t-on une chance de réinsertion ? En veulent-ils vraiment ? Et cette femme qui pleure son mari assassiné ? Et cette autre son enfant kidnappée, violée, torturée, et poignardée ? Jusqu'où peut aller notre pardon ? Le débat est désormais ouvert sur la place publique et Robert Badinter nous ouvre la voie, comme à son habitude, pour un dernier tour de piste probablement : " l'abolition de la prison, nous ne la verrons pas. Travaillons avant au changement des conditions ".

Pourquoi aujourd'hui ? Les conditions sont-elles réunies pour en finir avec la loi du talion ? Nous le verrons dans les mois qui viennent. En tout cas, c'est un très bon signe, car on apprend toujours de ses défauts. L'apprentissage par l'erreur, c'est ce que nous maîtrisons le mieux.

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12/11/06

Info gratinée

Pauvres fous qui croyons que l'avoir est dans nos armoires... Belle humanité que la mienne où le quotidien ressemble trop souvent à un film d'horreur. Bien sûr, il n'y a aucun cadavre autour de moi, ni derniers gémissements, ni bourreaux ni vaincus, c'est tout propre dans ma ville. Mais la mondialisation veut que je sache désormais tout ce qui se passe d'un bout à l'autre de la terre, et de préférence les pires exactions, car elles seules me tiennent en haleine. A l'instar de celui qui freine pour mieux voir l'accident et si possible un peu de sang, sans jamais oser se l'avouer, je regarde ma télé sans pouvoir décrocher. Et ce que j'y vois c'est une humanité qui se déchire sur une planète qui se révolte. Tel est le constat. Bien sûr, il y a des hommes et des femmes qui se penchent à son chevet, une minorité agissante qui a bien du travail, mais ce sont ceux qui souffrent ou torturent que l'on s'échine à me montrer. La peur grandit en moi quand je regarde la télé.

Avant on était tranquille. Aucun récepteur pour les évènements à part les tavernes où il faisait bon se réunir pour parler de la vie du village. Bien sûr, les religions causaient déjà le malheur mais personne ne savait ce qui se passait à quelques lieues du hameau. Les peurs ne s'étendaient pas bien loin.

Aux actualités, je vois des morts à la pelle, en veux-tu en voilà, ça meurt dans tous les sens. Jamais je n'aurai cru qu'on pouvait mourir comme ça... Qu'on était si nombreux. On nous montre désormais les cadavres, les caméras sont partout. Et moi, je regarde ces charniers à ciel-ouvert sans pouvoir rien faire, me demandant à chaque seconde quel genre de mort m'est réservée ? A la télé, rares sont ceux qui meurent dans leur lit. Souffrirai-je comme eux ? Quelle sera ma dernière pensée ?

L'actualité sur Yahoo ? " L'Atlantique entre dans sa phase cyclonique la plus intense ; des produits chimiques décelés chez des nouveaux-nés et leurs mères ; les dossiers peu convaincants sur le décès de Yasser Arafat ; la France est confrontée à l'une des quatre ou cinq plus importantes sécheresses depuis 1945 ; la Toile est devenue une arme privilégiée pour Al-Qaïda " ? Qu'y puis-je ? A part grimacer en espérant pouvoir trouver l'oubli le plus vite possible.

Et je prends et je gobe. Ici 200 000 morts, un record en si peu de temps, là on approche du 26 000 000 ème, si je n'envoie pas des sous vite vite. La sinistrose me bouffe, je ne peux rien faire, je suis responsable, mes richesses me rendent coupable. Ailleurs on meurt emprisonné dans la lave, ils étaient trop près, ils n'y croyaient pas, ou dans une maison en feu, le gaz oublié. Un peu partout on empoisonne, sans jamais parvenir à cesser de polluer, l'agonie sera lente mais le toxique fait son effet.

On m'apprend que mon monde va au casse-pipe, que font-ils ? Comment vivre dans un tel contexte ? Qui le pourrait ? L'information est notre enfer. A trop en savoir je ne peux plus rien faire. 

Comme ils étaient bien dans leurs villages.


Par Henri Laborit, La colombe assassinée :

" A l’opposé, l’abondance des informations, si l’on voit qu’il est impossible de les classer suivant un système de jugements de valeur, met également l’individu dans une situation d’inhibition. Il faut reconnaître que notre civilisation contemporaine au sein de laquelle les informations se multiplient grâce aux moyens modernes de communication, les mass media en particulier, et par la vitesse de ces communications à travers le monde, place l’individu dans une situation où le plus souvent il ne peut agir sur son environnement pour le contrôler. Les paysans vendéens de mon enfance qui n’allaient à la ville, pour certains, que trois fois au cours d’une vie, ville pourtant qui n’était située qu’à trente-cinq kilomètres, avaient des sources d’information qui ne leur venaient pratiquement que de leur environnement immédiat. Pas de journaux, pas de télévision, pas de radio. Bien sûr, il existait des événements que l’on pouvait craindre, les mauvaises récoltes, les épidémies. Il n’en demeure pas moins que chaque individu avait l’impression de pouvoir contrôler par son action sa niche environnementale. Ce n’est plus le cas aujourd’hui et quand on diffuse à la télévision les atrocités qui apparaissent à travers le monde, quand on voit un enfant du Biafra en train de mourir de faim, squelettique et couvert de mouches, malgré l’intérêt très limité que peut représenter cet enfant pour un homme bien nourri du monde occidental, cet homme ne peut s’empêcher de se représenter inconsciemment que ce qui est possible pour certains hommes défavorisés pourrait peut-être le devenir aussi un jour pour lui, et il ne peut rien faire. C’est en cela que les préjugés, les lieux communs, les jugements de valeur, le militantisme, les idéologies et les religions ont une valeur thérapeutique certaine car ils fournissent à l’homme désemparé un règlement de manœuvre qui lui évite de réfléchir, classe les informations qui l’atteignent dans un cadre préconçu et mieux encore, lorsque l’information n’entre pas dans ce cadre, elles ne sont pas signifiantes pour lui, en quelque sorte, il ne les entend pas. Il est prêt, en d’autres termes, à sacrifier sa vie pour supprimer son angoisse ou si l’on veut il préfère éprouver la peur, débouchant sur l’action, que l’angoisse. Il est même à noter que la peur ne l’envahit que les courts instants qui précèdent l’action. Dès qu’il agit, il n’a plus peur, et il le sait bien. "

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05/11/06

La grande Panne

L'incident le plus grave depuis les années 1970.

Une panne d'électricité sans précédent a touché des millions de foyers en Europe de l'Ouest, pendant une heure dans la nuit de samedi à dimanche.

" L'interruption d'approvisionnement sur une ligne à très haute tension en Allemagne a déclenché des "délestages" automatiques, destinés à éviter une coupure générale, dans les pays voisins.

Dans un communiqué diffusé dimanche, la compagnie d'énergie allemande E.ON indique que l'incident pourrait être lié à la coupure, d'une demi-heure environ, d'une ligne de Basse-Saxe, dans le Nord-Ouest. " sources Reuter sur Yahoo.fr

Toute l'Allemagne, la quasi-totalité du pays, principalement l'Est et une partie de la région parisienne, plongés dans le noir. Tous les lieux jugés prioritaires, tels que les hôpitaux et les industries, en grand danger à cause d'un système automatique de sécurité censé " répartir les coupures " … " pour limiter les nuisances ". … A cause d'une panne sur une ligne paumée dans un trou où je ne mettrai jamais les pieds… J'hallucine. Barjavel doit se marrer ! Lui, c'était à cause d'un avion qui se crashe sur une centrale, quelque chose dans ce goût-là. Et de fil en aiguille, ça se passe en hiver, c'est toute la civilisation qui se paralyse, et meurt, de froid. A cause d'un grain de sable dans la machine. Herbert Pagani en a tissé un très bel opéra rock, Megalopolis, on s'y croirait. Et voilà que ça arrive pendant ma vie.

Imaginons… L'incident n'a duré qu'une heure. Imaginons ce qui aurait pu se passer quelques heures plus tard.

Tous les appareils électriques sont hors-service. Plus de chauffage, plus de lumière, les congelés se réchauffent, la température diminue. Partout dans les rues les gens brandissent des lampes-torche. Ce soir, ils se parlent, c'est pas comme d'habitude. 6 heures déjà, mais qu'est-ce qu'ils font ? Dans les hôpitaux les générateurs chauffent, les services fonctionnent à moitié, pourvu qu'ils réparent vite, les urgences n'attendent pas. J'ai froid. La maison est un frigidaire, je sors, et je ne suis pas le seul.

Déjà le matin, la Panne fait tous les titres. Ai du finir à pied jusqu'à mon bureau, ma voiture embourbée dans un gigantesque embouteillage, ni train ni métro pour absorber le flot des travailleurs de banlieue. La journée sera chaotique, ils ne pourront pas tous embaucher.

Les magasins sont fermés, pour cause de ténèbres. Les restaurants décongèlent, les charcutiers s'arrachent les cheveux, les poissonniers pleurent leur misère, partout la denrée se périt. Des queues se forment devant les portes fermées du supermarché. Je verrai plus loin, mais qu'est-ce que je vais manger ce soir ? Une heure d'attente devant la boulangerie qui travaille encore au gaz.

La nuit tombe. Dans l'immeuble éclairé à la bougie, on s'en prête encore, toutes les radios fonctionnent, il reste encore des piles, mais pour combien de temps ? " Le gouvernement a pris toutes les mesures qui s'imposent ", tiens, c'est quoi ce camion militaire stationné au coin de la rue, " et engage la population au plus grand calme ". Mais comment rester calme dans le froid, assis sur mon canapé devant un plat congelé qu'il faut que je finisse, froid, j'ai pas le gaz. Je me suis enroulé dans deux couvertures mais le froid me transperce. A moins que ce soit l'angoisse qui me glace. Combien de temps je tiendrai ? Pas vu un magasin ouvert pendant mes deux heures de marche. Et comment je fais demain, ma voiture est encore coincée, et ils n'en parlent pas à la radio. Quand pourrai-je la récupérer ?

J'ai très mal dormi. A trois heures j'ai entendu que les conditions climatiques étaient catastrophiques. Si le temps s'y met, à quoi bon me lever…

Notre monde est bien fragile. Une aile de papillon suffit à l'ébranler. Mon dieu, fasse que cette panne nous serve d'avertissement.

          

Article paru sur Oulala.net, là : http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2646

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27/10/06

Par action et par omission.

Ecocide.

Est-il encore besoin de le dire : les actions inconséquentes de l'être humain sur son environnement contribuent à la chute de ses sociétés. Non, n'est-ce pas ? Tout nous le prouve. Et pourtant, force est de constater le silence passif de la majorité.

Combien sommes-nous à tirer le signal d'alarme ? Combien à regarder les choses en face, à clamer qu'il est encore temps de changer les choses ? Que nous y pouvons tous quelque chose ?

Pourtant, les civilisations disparues nous ont montré le processus, fort simple, de l'anéantissement d'une société.

Pour se loger et se chauffer, les hommes coupent les arbres. La déforestation massive affecte le régime des pluies. Les collines érodées ne retiennent plus les terres acides qui ruissellent dans les vallées. Les sols s'appauvrissent. Au fil des coupes et de la surexploitation agricole qui fatiguent les derniers sols encore fertiles, la nourriture et le bois de chauffage viennent à manquer. Les ressources s'épuisent de plus en plus vite tandis que la population continue d'augmenter. De faim et de froid, de maladies, les morts s'amoncellent. Afin de maintenir leur train de vie, dans un dernier sursaut égoïste, les élites déclenchent des guerres qui déciment les dernières forces vives de la population. Jusqu'à l'extinction totale.

Aujourd'hui, nous pouvons rajouter à ces causes mortelles tous les dégâts majeurs provoqués par nos activités industrielles. Que le climat se réchauffe et c'est la fin.

Nous en sommes là.

Mais nous n'avons pas appris nos leçons. Contrairement aux sociétés disparues, nous connaissons aujourd'hui les conséquences de nos actes. Pourtant rien n'y fait, ou si peu : grands et petits, nous continuons à massacrer notre terre, comme si de rien n'était. Chacun à notre mesure, jamais rassasié de pouvoir et de possessions, quel que soit le danger, nous continuons à refuser l'évidence : nous nous mourrons.

Non, rien n'a changé. Nous allons droit dans le mur, une nouvelle fois, mais en plus grand. Et nous en sommes TOUS responsables, quel que soit notre rang en ce bas monde. Par action et par omission.

Dire que nous avons encore le pouvoir de changer les choses, nous, les " civilisés "… Mais sommes-nous encore capables de quitter nos tours d'ivoire pour nous pencher avec compassion à son chevet ? Aujourd'hui, permettez-moi d'en douter.

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25/10/06

Conscience

Le plus douloureux, c'est de se réveiller et de constater que nos modèles sont erronés. Voilà 12 000 ans que nous répétons les erreurs de nos ancêtres, les colportant à notre tour autour de nous, aveugles car conditionnés.

La civilisation que nous connaissons est batie sur de faux préceptes comme se défendre, travailler pour survivre, le monde est une jungle, l'étranger est mauvais, la différence à effacer, dieu punit, l'homme est un loup pour l'homme, ne pas progresser c'est reculer, il faut tout contrôler, tout est dangereux, surtout l'inconnu, etc... Et si nous commencions à nous satisfaire de ce qui est au lieu de nous fuir dans la consommation stérile de produits dont nous n'avons aucun besoin pour vivre en harmonie ? Qui nous enterrent sous des tonnes d'immondices que nous sommes incapables de recycler.

Les modèles sont périmés.

Quand on prend conscience de l'inconséquence de la race humaine, alors on sait à quel point chacun de nos gestes pour la planète est essentiel. Chaque geste, à chaque instant, qui que nous soyons.

Notre conscience sait toujours ce qui est bon pour nous.

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