Restaurer l'autorité ou éduquer ?

Autorité : Pouvoir d'agir sur autrui. (L'autorité de l'homme sur l'homme).
Eduquer : Donner à quelqu'un, spécialement à un enfant ou à un adolescent, tous les soins nécessaires à la formation et à l'épanouissement de sa personnalité.
Je pense que les deux sont complémentaires, à chacun d’en trouver le savant dosage.

Au fil d’une actualité récurrente, on trouve régulièrement dans la presse et dans les blogs ces mots de Platon (427-346 av. J.C.) : " Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent pas compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne, alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. " Ou de Socrate (470 -399 av. J.C.) : " Les jeunes d'aujourd'hui aiment le luxe ; ils sont mal élevés, méprisent l'autorité, n'ont aucun respect pour leurs aînés, et bavardent au lieu de travailler. Ils ne se lèvent plus lorsqu'un adulte pénètre dans la pièce où ils se trouvent. Ils contredisent leurs parents, plastronnent en société, se hâtent à table d'engloutir les desserts, croisent les jambes et tyrannisent leurs maîtres. " A notre époque où en sommes nous ?

Le conflit des générations a toujours existé, et l’éternel « de mon temps », au fil des ans toujours d’actualité. Nous vivons indiscutablement mieux à notre époque qu'au début du siècle dernier, quand les enfants travaillaient dés l'âge de huit ans ! Cela fait des lunes que chaque génération plus âgée ne cesse de clamer que " de son temps " ce n’était pas pareil, l’éducation était mieux. C'est parfois vrai et souvent faux. Pour les dernières générations, Mai 68 est passé par là, voulant changer la société trop policée, avec ses nombreux interdits ; souvenez vous du fameux : « Il est interdit d’interdire » Les jeunes constituaient pratiquement la majorité de la population (l’effet s’est inversé, suite au ralentissement de la natalité et à l’accroissement de l’espérance de vie) et n'avaient quasiment aucun poids dans la vie de celle-ci. Toute « révolution », aussi bonne soit-elle, en voulant aller trop loin en avant, nous en laisse ses défauts. Si l'autorité était excessive, ce mouvement l'a quasiment totalement renversée et cela dans bien des domaines. Là en a été son défaut principal !

Nous ne sommes pas individuellement responsables de tout, nous avons entériné un mouvement global. Où est la faute des jeunes de l'époque ? Tout le monde a baissé les bras (les parents en premier !) devant ces jeunes qui semblaient tout à coup tellement effrayants et incompréhensibles : ils allaient tout mettre à feu et à sang ! Nous en avons gagné « les casseurs », qui se distinguent par leur manque de repères, dans une société d’où ils se sentent exclus. Qui a formé et éduqué cette jeunesse ? Qui a fait le monde dans lequel elle évolue ? La génération de celui qui la critique et les précédentes ! Quelles valeurs lui avons-nous proposées ? Le culte des belles voitures, celui du sport "roi", des vêtements "griffés", des derniers gadgets à la mode avec lesquels la pub nous agresse sans cesse (pour être reconnu de la « bande » il faut avoir le dernier portable, et s’éclater les oreilles au son tonitruant du meilleur MP3 ; celui que l’autre n’a pas encore acheté !) J'en passe et des meilleures. Une société de consommation à outrance : voilà ce que nous avons à leur offrir.

Est-ce la jeunesse d'aujourd'hui qui en est la responsable ? Répondre oui à cette question me semblerait un peu trop précipité et facile. N'oublions pas tout de même, que la majorité des jeunes, malgré tous ces problèmes, est formidable. Décrier la jeunesse de notre époque revient à nous critiquer nous-mêmes et admettre que nous avons failli à notre devoir d’éducation. Rejeter la faute sur l’éducation nationale, c’est convenir que notre action parentale n’a pas été présente. L’éducation ne se fait-elle pas en premier au sein de la cellule familiale ? Encore faut-il que cette cellule existe, alors que l’éducation est souvent monoparentale, du fait du nombre toujours croissant des divorces ! Les années 50 et 60 étaient bien moins difficiles. L'autorité n'avait pas que des mauvais côtés, et elle avait au moins l'avantage de ne pas nous donner la sensation d'être abandonnés dans les premiers pièges d’une société mercantile, où le pognon allait vite être le roi. La jeunesse n’était pas confrontée aux problèmes de l’emploi et de la drogue dont la consommation était quasiment nulle ! Quel jeune de nos jours est assuré de ne pas franchir les portes d’une A.N.P.E lors de sa future vie active, ou de ne pas fumer un pétard ? Trouver du haschich est chose facile, on leur en propose dés leur adolescence, et le jour où on dépénalisera son usage : bonjour les dégâts ! " Dès qu'on autorisera la vente de cannabis, les mômes voudront passer à autre chose. On sait ce que ça veut dire, non ? " (Rappeur SINIK) Avoir un emploi n’est pas garanti pour tous. Alors : à qui la faute ?

L'apôtre JACQUES le MAJEUR, gardien du chemin des étoiles, chemin de la connaissance en esprit et en vérité (Chemin de Compostelle) nous dit : « Un des moyens pour éduquer l'homme libre à la quête de cette voie, passe par le bon usage de la règle, de l'équerre et du compas. Ceci permet d'entrevoir ce qu'il y a de constructif au bénéfice de tous, grâce à l'accomplissement de l'éducation dans chacun ». Encore faut-il avoir l’esprit « Cartésien ! ».

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